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Facteurs de risque dans les champs du transport, de l'environnement et du travail

  • Facteurs individuels

Les facteurs individuels constituent un maillon important dans la chaine qui conduit à l’accident et au traumatisme (mais également à nombre de pathologies) quel que soit le contexte dans lequel il se produit (contextes routier, professionnel, vie quotidienne).

Ces facteurs de risque sont également à positionner au sein de l’analyse des circonstances de survenue des traumatismes ou des pathologies professionnelles (type de déplacements, conditions météorologiques, organisations ou infrastructures défectueuses …).

  •  L’alcool et les stupéfiants 

Ils font toujours partie des principaux facteurs d’accidents et interviennent de façon indépendante ou concomitante avec d’autres facteurs. Le rôle de ces deux facteurs dans les accidents de la route est exploré, notamment dans leur association avec la vitesse à travers deux projets qui s'appuient sur les données du projet Voiesur : ActuSAM et un travail qui porte sur les effets médiés par la vitesse : l’effet direct et indirect de l'alcool (et des autres substances psychotropes) sur le risque d’accident.

  •  L’âge 

Les personnes âgées, comme les enfants, ont des caractéristiques propres notamment en termes d’attention, d’acquisition (ou maintien) des habiletés qui vont interférer avec le déplacement et les divers usages de véhicules à leur disposition, ainsi que sur le risque accidentel.

Pour les aspects vieillissement, Il s’agit de mieux comprendre la modification des habitudes de déplacement dans le vieillissement normal et pathologique, en évaluant l’impact des facteurs individuels et de santé. Trois cohortes permettent d’apporter des réponses à cette question de l’adaptation des habitudes de conduite en fonction de l’état physique et cognitif des conducteurs. Il s’agit également de mieux connaitre les situations de conduite qui aggravent le bilan de morbidité routière des conducteurs et des piétons âgés.

Cette thématique devrait s’étendre à la problématique de la chute des personnes âgées, question transversale à plusieurs laboratoires du département TS2.

  •  Les facteurs spécifiques des usagers de deux-roues motorisés

Les questions de sécurité posées par les deux-roues motorisés sont spécifiques : la sensibilité élevée aux conditions d'adhérence, aussi bien en ce qui concerne les performances de freinage que la tenue et les changements de trajectoire ; leur détectabilité réduite par les autres usagers de la route ; le comportement de certains usagers notamment vis-à-vis des limitations de vitesse ; les possibilités forcément restreintes de protection en cas de choc, l'usager ne bénéficiant pas d'un habitacle pouvant limiter les atteintes corporelles.

Un projet de recherche sur ces questions est en cours, avec l'appui de la fondation pour la Sécurité Routière, qui a pour objectifs principaux (1) de quantifier l'importance des situations accidentelles spécifiques aux deux-roues motorisés, en termes de conflit avec les autres usagers (en liaison avec leur perception et leur dynamique) et d'interaction avec l'infrastructure, en particulier en cas de perte de contrôle, (2) d'évaluer l'efficacité des protections portées par l'usager de deux-roues motorisé en cas d'accident, et (3) de mesurer précisément les enjeux en termes de conséquences corporelles.

Facteurs contextuels

 

  • Inégalités socio-territoriales

Les territoires défavorisés, tels que les zones péri-urbaines enclavées ou les zones rurales peu ou mal desservies en moyens de transports, constituent des facteurs contextuels d’inégalités socio-territoriales qui freinent ou limitent l’accès à une mobilité sûre et saine des habitants de ces territoires. Leur cumul avec les facteurs socioéconomiques individuels peut aggraver l’effet de ces inégalités socio-territoriales. De même, au niveau territorial, on peut s’interroger sur les effets cumuls du risque routier avec d’autres nuisances dues aux transports telles que la pollution chimique ou sonore, à travers le projet SANUIT.

  •  Exposition au bruit 

Le programme de recherche DEBATS concernant l’impact du bruit des avions sur la santé se poursuit avec l’analyse longitudinale des suivis à deux et quatre ans et celle de l’étude sommeil. Des collaborations internationales avec des membres de l’Icben (the International Commission on Biological Effects of Noise) notamment devraient être mises en place et déboucher sur une analyse poolée de toutes les données recueillies en Europe dans le cadre des études menées sur les effets de l’exposition au bruit des avions sur la santé.

  •  Basses fréquences sonores et infrasons 

Malgré l’intérêt croissant pour les énergies renouvelables, la population s’interroge sur les impacts sanitaires des infrasons et des sons de basses fréquences générés par les éoliennes. Jusqu’à présent, peu d’études  épidémiologiques ont recherché ces effets. La mise en œuvre d’une telle étude en France permettrait d’évaluer la perception du bruit et la gêne occasionnée, ainsi que l'état de santé physiologique des riverains de parcs éoliens français. Cependant, auparavant, plusieurs verrous restent à lever et c’est ce qui est proposé dans le projet CIBÉLIUS (Connaître l'Impact du Bruit des ÉoLIennes sUr la Santé) financé par l’Anses.

Le premier objectif de cette étude de faisabilité est de fournir une méthodologie pour recenser le nombre de riverains exposés à différents niveaux relativement contrastés de bruit d’éoliennes. Les parcs éoliens étant construits dans des zones faiblement peuplées, ce décompte est essentiel pour déterminer s’il est réalisable de sélectionner un nombre satisfaisant de sujets plus ou moins exposés pour mener une étude épidémiologique suffisamment puissante à l’échelle de la France.

Le deuxième objectif est de valider un modèle de calcul de l'exposition au bruit éolien adapté à une étude épidémiologique car actuellement, il n’existe pas de tel modèle faisant consensus et il n’est pas envisageable de réaliser des mesures de bruit chez un grand nombre de riverains.

CIBÉLIUS associe deux unités de l’Ifsttar, l’Umrestte et le LTE, et le Groupe Acoustique du laboratoire de Strasbourg (GRACS) du Cerema.

  •  Exposition aux champs électromagnétiques (CEM) 

L’exposition aux CEM devient de plus en plus prégnante et pose des problèmes d’aptitude au travail. Elle est à l’origine de plaintes de plus en plus nombreuses auprès des médecins du travail. La caractérisation des expositions aux CEM est donc un sujet en développement au sein de l’Unité avec des collaborations pluridisciplinaires avec d’autres équipes de recherche au niveau régional et national (CSTB Grenoble, Université Joseph Fourier/CNRS (UMR 5130)). Différents projets débutent ou sont en cours de construction dans la continuité des travaux menés à l’Umrestte sur les effets sur la santé des champs électromagnétiques : ils concernent par exemple, la réalisation d’un système mobile d’exposition humaine aux radiofréquences ; il s’agira d’un espace équipé pour permettre différentes approches (physiologique, biologique et psychologique) de la perception de l’exposition dans un environnement électromagnétique caractérisé et contrôlé, (étude PRESENSE), la détermination de la prévalence de l’intolérance environnementale idiopathique (IEI) avec notamment sa relation avec les CEM (étude IEI-CEM) en France et la caractérisation de la population concernée, par une approche duale, qualitative et quantitative (projet SENVITECH).

  •  Spécificité du risque accidentel chez l’Homme au travail 

Il s’agit de mieux intégrer les déplacements en lien avec le travail dans les recherches qui sont menées puisque ces déplacements sont impliqués dans 40% des accidents de la route, l'usager pouvant être impliqué dans l’accident éventuellement en tant qu’usager vulnérable. L’un des enjeux actuels de la recherche sur le risque routier professionnel concerne une meilleure connaissance des circonstances des accidents du travail sur la route et de leur devenir à travers l’élaboration d’indicateurs permettant d’assurer un suivi fiable des accidents de la route liés au travail. Ces travaux sont réalisés en collaboration avec le département santé travail de l’InVS (devenu Santé Publique France).

Par ailleurs, l’exposition aux horaires atypiques peut générer des états de fatigue et de stress : nous engagerons une recherche-action sur le risque d'accident de trajet pour les personnels soignants en lien avec les horaires et les rythmes de travail à partir de données des Hospices Civils de Lyon, et des données de l’ARS couplées au Registre et à l'Orat.

  •  Risques psychosociaux 

Une étude sur l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication comme élément constitutif des risques psychosociaux en milieu de travail est en cours de préparation : elle s’appuiera sur la collaboration de l’Umrestte avec de nombreux médecins du travail de la région confrontés de plus en plus souvent avec les problèmes d’aptitude et de non-retour au travail de salariés du fait d’une hypersensibilité attribuée aux CEM dans les entreprises.

L’impact des contraintes psychosociales au travail sur la santé est également un domaine d’étude pour certains chercheurs de l’Unité assurant par ailleurs la surveillance médicale des soignants.

  •  Caractérisation des expositions professionnelles

La connaissance des facteurs de risque implique une caractérisation précise des expositions. Les matrices emplois-expositions du programme Matgéné caractérisent l’exposition professionnelle actuelle et passée à une nuisance d’intérêt pour l’ensemble des emplois en France. Ces outils sont utilisés pour fournir des indicateurs d’exposition dans une population de travailleurs, pour évaluer les expositions dans le cadre d’études épidémiologiques visant à identifier les facteurs de risque associés à une pathologie, pour estimer la fraction d’un risque attribuable à l’exposition professionnelle, et pour aider au repérage des expositions passées dans le cadre de la médecine du travail. Dans ce domaine les collaborations avec Santé Publique France s’orientent vers la réalisation de plusieurs matrices emplois expositions (bruit, pesticides, …).

Les facteurs de risque professionnels du cancer ainsi caractérisés dans l’Unité le sont notamment au travers des études menées conjointement avec l’équipe Cancer Environnement du Centre Régional de lutte contre le cancer Léon Bérard. Les projets en cours ont pour objectif de mieux connaitre les facteurs de risque de certains cancer (EVAMOVAIRE2, TESTIS)° ou de mieux repérer les expositions professionnelles des patients (PROPOUMON, PROLYMPHOME) en collaboration avec d’autres centres en France.