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Prise en charge et devenir des victimes

Évaluer la prise en charge du traumatisme 

La prise en charge des traumatismes est bien sûr une activité clinique importante pour certains hospitalo-universitaires de l’Umrestte. Par ailleurs, ils utilisent le Registre pour mieux connaître les lésions qu’ils sont amenés à réparer, afin d’en améliorer la prise en charge. Certaines des études en cours de réalisation ou de préparation (Quo vadis ou jeunes 2RM) relèvent également de la recherche-action.

L’objectif du projet QUO VADIS (porté par l'Université Paris 6, associant l’Umrestte) est d’optimiser le triage des blessés de la route par la prise en compte des caractéristiques de l'accident. Il s’agit de savoir si la construction de critères accidentologiques simples, observables par les secours sur le site d’un accident sont prédicteurs de la gravité des lésions subies par les victimes et s’ils peuvent agir, en complément des informations déjà disponibles, pour améliorer le triage des victimes vers des hôpitaux adaptés à leurs blessures. La première partie du projet est consacrée à une revue de la bibliographie destinée à identifier les critères accidentologiques observables pour les associer à une probabilité de lésion possible. Quand les critères auront été identifiés, ils seront soumis aux pompiers et leur efficience sera testée par des enquêtes sur le terrain. Dans la deuxième partie du projet (2015-2016), l’efficacité de ces critères sera testée par la mise en place d’une expérimentation qui permettra de déterminer s’ils sont bien prédictifs.

Un focus particulier sera fait sur les jeunes conducteurs de deux-roues motorisés (jeunes 2RM), particulièrement concernés par les accidents, dont l’incidence ne décroît pas. Un programme de prévention des traumatismes graves est proposé associant un passage dans une unité traitant les polytraumatisés (à Lyon CHLS et HEH) et l'organisation de sessions de prévention calées sur les programmes « think first » nord américains.

Les outils épidémiologiques dont nous disposons permettront le suivi d'une cohorte d'élèves. Les modes de conduite (véhicules légers, deux-roues motorisés ou non), l'âge et les conditions de survenue seront analysés pour étudier l’impact du programme de prévention pour les élèves ayant suivi le programme par rapport à un groupe comparable mais qui ne l’aurait pas suivi.

 

Améliorer la connaissance des lésions et des conséquences de l’accident par le développement d’indicateurs 

L’amélioration de la prévention et de la prise en charge des traumatismes passe par une meilleure connaissance des lésions. Faire vivre un Registre ou un observatoire du traumatisme est une tâche lourde car elle nécessite une implantation très large dans le système hospitalier et le recueil de très nombreuses données, mais elle représente, outre un outil de surveillance des traumatismes, une source inestimable de données pour mieux connaitre les lésions. L’analyse des tableaux lésionnels et du devenir des victimes d'accidents (Registre, Observatoire) reste une activité essentielle de l’Umrestte, notamment pour mieux évaluer les facteurs explicatifs des bilans lésionnels.

Plusieurs études portent sur les données de l’Orat. Elles s’intéressent par exemple - à valider la pertinence de la classification AIS pour le codage des blessures dues aux accidents de la vie courante chez l'enfant, - à évaluer la prise en charge des personnes âgées victimes d’accidents de la vie courante, ou celle des patients accueillis aux urgences pour chute, - aux accidents du travail.

Il s’agira également de dresser un bilan national à partir des données régionales de l’Orat, des personnes blessées dans les accidents du travail et de la vie courante, en estimant leur nombre réel et leurs caractéristiques : âge, sexe, gravité selon le MAIS, incapacités prévisibles selon l’IIS, et mécanisme d’accident, activité ou tâche lors de l’accident, produit impliqué, et lieu. En particulier, nous estimerons le nombre incident d’handicapés lourds au sens IIS3+. Un objectif supplémentaire est l’estimation du nombre d’« années de vies ajustées sur l’incapacité » (AVAI), qui combinent les années de vies perdues par décès et les années de vie vécues en incapacité.

Pouvoir prédire les séquelles générant des incapacités permet de préparer le retour de la personne blessée dans son environnement et apporte des éléments permettant, de la part des assurances, une meilleure indemnisation des victimes et une anticipation des dépenses à venir : nous poursuivons notre travail de validation des indicateurs pronostiques, notamment à partir des données de la cohorte ESPARR, et celui concernant le FCI (Functional Capacity Index), qui pourrait être plus pertinent que l’IIS.

Améliorer la connaissance sur l’impact socioéconomique, professionnel et affectif de l’accident et sur le devenir des victimes

Le suivi systématique des patients victimes d'un polytraumatisme passés au déchocage permet d’évaluer leur devenir un mois et/ou 6 mois après leur sortie de l'hôpital, en cas d'hospitalisation en réanimation.

Les conséquences professionnelles des traumatismes en lien ou non avec le travail font l’objet d’études, notamment à partir de la cohorte ESPARR.

Dans la poursuite de la cohorte ESPARR, l’étude ESPARR2 a pour objectif d’évaluer l’impact négatif mais aussi positif de l’accompagnement d’une victime gravement accidentée : il s’agit d’étudier les facteurs qui seraient associés à une meilleure résilience dans le temps ou au contraire à une dégradation de la qualité de vie et de la santé du « proche accompagnant ». L’ensemble de tous les principaux proches accompagnant un patient très gravement atteint (M-AIS4 +) ayant eu un accident entre 2002 et 2012 et enregistrés dans le Registre, représenteront la population d’étude.

Un volet sur les conséquences économiques des accidents est conduit en prolongement du projet ESPARR-ECO mais en le centrant sur l’étude des coûts engendrés (coût des arrêts de travail…) en collaboration avec les économistes du laboratoire DEST (Ifsttar). Cette étude sert de base de travail à l’étude européenne SafetyCube dans le cadre du programme H2020 de l’Union Européenne. Le projet VASEM (Valorisation socio-économique de la morbidité routière,) se met actuellement en place, en collaboration avec l’Université Lyon 2, ainsi que le DEST et la direction du département TS2 de l’Ifsttar.

La question du retour au travail des sujets victimes de cancers fait également partie des sujets en plein essor dans le domaine de la santé au travail et qui est développé dans l’Unité, notamment par l’étude des patients après un cancer du sein. Ainsi, une étude visant à développer le modèle logique (théorie, composantes et modalités) d'un programme de réadaptation professionnelle après un cancer du sein, selon la méthodologie de l'intervention mapping en promotion de la santé est en cours (FASTRACS).